Actualite credit finance bourse patrimoine assurance: La Réserve fédérale américaine est tiraillée entre risques de récession et d'inflation La Réserve fédérale américaine est tiraillée entre risques de récession et d'inflation ================================================================================ Galgui-Info on 26 June, 2008 12:14:00 La Réserve fédérale américaine (Fed) prend acte des nouveaux développements de la crise financière. L'autorité monétaire a décidé, mercredi 25 juin, de maintenir inchangé le niveau de son principal taux d'intérêt à 2 %. La Fed met ainsi fin, provisoirement, à un cycle agressif de baisse des taux, entamé à l'été 2007. Depuis le mois d'août l'autorité monétaire a réduit la référence du coût de l'argent aux Etats-Unis de 3,25 points pour endiguer la tempête financière et éviter que les Etats-Unis n'entrent en récession. Désormais, l'institut doit jongler entre deux menaces, celle qui persiste sur la croissance à laquelle s'est récemment ajoutée celle des pressions inflationnistes dues à la flambée des prix du pétrole et des matières premières. Pour l'heure, ne rien faire semble la solution appropriée. La quasi-totalité des analystes financiers s'attendaient d'ailleurs à la neutralité de le Fed. Augmenter immédiatement les taux pour casser l'inflation risquait en effet d'affecter une croissance encore fragile. En appui de leur décision, les membres du comité de politique monétaire de la Fed mentionnent que la menace d'une récession s'éloigne mais ils restent préoccupés. "Le marché du travail a continué à se dégrader et les marchés financiers continuent de connaître des tensions considérables", ont- ils indiqué. Ils s'inquiètent aussi de la baisse spectaculaire du marché immobilier et d'un accès au crédit plus difficile et plus cher pour la consommation des ménages, principal moteur de la croissance aux Etats-Unis. Enfin, "la hausse des prix de l'énergie devrait peser sur la croissance économique pendant les prochains trimestres", indique la Fed. En clair, la crise financière n'est pas finie et son transfert à l'économie "réelle", c'est-à-dire aux ménages et à l'industrie, menace. En parallèle, les risques sur la stabilité des prix augmentent mais la Fed préfère patienter, s'attendant à "ce que l'inflation se modère plus tard cette année et l'année prochaine". L'autorité monétaire outre-Atlantique entretient ainsi le flou sur les actions qu'elle mènera dans les prochains mois. Certains économistes présagent qu'une hausse des taux interviendra dès la rentrée. D'autres, comme René Desfossez chez Natixis, s'attendent à ce qu'elle n'agisse pas avant la fin de l'année. Elever les taux avant serait "dangereux pour la croissance et peu efficace sur l'inflation qui vient de produits importés, pétrole, riz, blé, sur lesquels la banque centrale n'a pas de réel pouvoir", indique-t-il. Plus pessimistes encore, les économistes de Merrill Lynch s'attendent au contraire à une baisse des taux en janvier 2009, jugeant la croissance américaine en danger. Le ton ambigu de la Fed illustre, à nouveau, les divergences sur la manière de juguler la crise entre les différentes banques centrales. En Europe, Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE) est plus ferme et explicite pour lutter contre l'inflation. Mercredi il a répété devant le Parlement européen qu'une hausse des taux en zone euro est possible dès le mois de juillet. Ces différences se traduisent sur le marché des changes, affaiblissant un peu plus le dollar face à l'euro. Jeudi, le billet vert s'échangeait à 1,56 dollar pour un euro, contre 1,55 dollar la veille.