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Plysorol : La douche écossaise ou le supplice chinois
L’économie fontainesienne de nouveau dans la tourment : Plysorol au centre d’un enjeu sur l’échiquier mondial. Dominique Souchet, député, a déclaré que la stratégie des chinois était de récupérer pour le compte les forêts gabonaises. Alain Coulas donne sont point de vue
"C'est ainsi que l'on pourrait résumer la situation que subissent les salariés de Plysorol a Fontenay le Comte depuis un an et demi. L'inquiétude grandit de jours en jours et les questions se multiplient.
Le 24 Novembre 2008, l'entreprise dépose le bilan. Depuis, le Tribunal de Commerce de Lisieux a donné la préférence de la reprise de ce bel outil à un industriel chinois, monsieur Guohua Zhang, qui est déjà à la tête de deux sociétés en Chine : la Shandong Longsheng (import et export de bois) et Honest Timber (exploitation de forêts au Gabon). Il est représenté en France par un directeur général monsieur Wu. Outre ces trois sites en France, Plysorol possède un patrimoine forestier au Gabon (400 000 hectares de forêts) avec un site d'exploitation de Locoumé à Pogab. C'est le principal enjeu de la reprise. Le repreneur s'était engagé à maintenir TOUS les emplois pendant trois ans et à investir 15 millions d'euros dans la société Or, cet apport en capital n'a, à ce jour, pas été réalisé, monsieur Zhang n'ayant pas versé l'argent promis. Il évoque à sa décharge des problèmes administratifs liés a la complexité des montages comptables des sociétés .... Peut être ? Mais là n'est pas le plus important. Il faut savoir que depuis le 1er Janvier 2010, le Gabon n'autorise plus l'exportation de bois en France. Cette mesure prise par le gouvernement gabonais vise à accélérer l'industrialisation de la filière et la production nationale pour faire face à la concurrence. De la part des autorités gabonaises, cette mesure est légitime. Mais monsieur Zhang pouvait il l'ignorer au moment de la reprise ? J'en doute fort. Il cherche aujourd'hui du bois en direction de la République Populaire du Congo et de la Guinée Equatoriale, ce qui expliquerait l'allongement des délais d'approvisionnement en bois des usines françaises. Mais alors, pourquoi ne pas avoir le courage d'expliquer clairement la situation aux salariés ? C'est que monsieur Zhang vient d'investir 20 millions d'euros au Gabon et non en France comme il s'y était engagé. Dans ces conditions, on comprend pourquoi : - de nombreuses semaines de chômage technique sont imposées aux salariés - l'activité d'Epernay doit être transférée a Lisieux - la production de contreplaqué a été réduite de moitié - la trésorerie est à flux tendu - les comptes ne sont pas transparents - l'entrepreneur n'a aucune visibilité sur l'avenir de l'entreprise. Ainsi, comment les salariés du site de Fontenay le Comte déjà passablement ébranlés par le dépôt de bilan de fin 2008, ne seraient ils pas méfiants devant tant d'opacité et d'interrogations quant à leur avenir ? Après Epernay, ils craignent donc la fermeture du site de Fontenay le Comte et le rapatriement des activités a Lisieux. De ce fait : comment être motivé pour aller travailler ; Faire des projets individuels ou familiaux et être fier de son entreprise ? Pourtant, Plysorol est le leader européen du contreplaqué ; l'entreprise est depuis 2002 certifiée "Keurhout" (certification internationale) dans le cadre de son plan d'aménagement durable de sa filière au Gabon. Malgré l'abondance de ces nuages gris, nous voulons dire à tous les salariés de Fontenay le Comte de ne pas perdre courage. Ils peuvent compter sur notre soutien. Monsieur Estrosi, ministre de l'Industrie étant venu a Fontenay le Comte, connaît bien le dossier et veillera à ce que les engagements du repreneur soient tenus. Nous serons là pour le lui rappeler".
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