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Un mouvement d'acteurs de l'économie solidaire

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Dans le monde de l'ESS, l'APES est une originalité régionale. On ne trouve l'équivalent nulle part en France. En quelques années, elle a acquis une notoriété semblable à celle de la CRES, l'autre tête de réseau.

Si l'APES est née en l'an 2000, sa création est le prolongement et l'aboutissement de toute une série de démarches et de réflexions qui ont jalonné les années quatre-vingt-dix et permis le développement de l'économie solidaire .

Lors des consultations régionales de l'économie sociale et solidaire, qui mobilisèrent de nombreux acteurs intervenant dans divers domaines (culture, commerce équitable, insertion…) et qui n'avaient pas forcément l'habitude de se rencontrer, le besoin s'est exprimé d'un mouvement d'acteurs. Animé par Christian Tytgat et André Colin, le GIEPP (groupement pour l'initiative et l'élaboration de projets professionnels) commençait à s'essouffler.

Après le textile, le conseil régional semblait prêt à négocier un plan sectoriel de développement de l'économie sociale et solidaire si les acteurs soient organisés. Pour Anne-Laure Federici, coordinatrice de l'APES, « le conseil régional reconnaissait ainsi la contribution de l'économie sociale solidaire au développement économique de la région ».

Suite à un appel au développement de l'économie sociale et solidaire, une première réunion est organisée à Roubaix le 13 mai 2000 et le tout nouveau secrétaire d'Etat à l'économie solidaire, Guy Hascoët, ancien député Vert de Roubaix y assiste.

A sa création, l'APES compte une centaine de structures adhérentes . A la différence de la CRES qui ne fédère que des personnes morales, les promoteurs de l'APES ont voulu que leur association soit ouverte à des individualités, « des militants impliqués personnellement dans le développement de l'économie solidaire comme consommateurs ou épargnants et qui ne sont pas forcément des représentants ou des salariés de structures relevant de l'économie solidaire ».

L'APES, c'est un lieu d'échange et de partage d'expériences, un outil pour élaborer collectivement des propositions de développement durable de l'économie solidaire qui seront transmises au conseil régional. C'est aussi une structure de représentation et de lisibilité de l'économie sociale solidaire. Une structure aujourd'hui reconnue puisque l'APES a été associée aux négociations qui ont abouti au plan régional de développement de l'économie sociale solidaire .

La question des valeurs figure au premier rang des préoccupations de l'APES.

Et d'abord la question du sens : au nom de quoi on entreprend ? S'il est une frontière invisible entre l'économie sociale et l'économie solidaire, c'est bien celle qui est définie par la réponse à cette question. Pour les partisans de l'économie solidaire, une coopérative de type Manufrance (qui avait repris les activités de la manufacture d'armes de Saint-Etienne) n'a pas sa place au sein de l'économie sociale solidaire.

Vient ensuite la référence au développement durable, ce concept apparu à la fin des années quatre-vingts et installé durablement dans le débat public depuis le sommet de la Terre de Rio de Janeiro (juin 1992). Pour Anne-Laure Federici, « il y a vraiment eu un changement dans les années 2000. L'appel dit clairement que l'économie solidaire est le champ d'application économique privilégié du développement durable. En prenant à la fois en compte l'aspect économique, social, environnemental et la question de la gouvernance au sein des structures et des organisations ».

Avec d'Extra-Muros , l'APES a mis en place un outil qui s'adresse aux structures volontaires attachées à l'économie sociale et solidaire et désireuses, après un état des lieux, de s'inscrire dans « une démarche de progrès en économie solidaire », d'améliorer leurs pratiques (notamment sur la plan des rapports sociaux et de la « gouvernance d'entreprise ») et leur efficacité (sur les trois plans, économie, social et environnemental) et repréciser les finalités de leur projet. Outil expérimenté en 2005 par une dizaine de structures (25 aujourd'hui).

Ses petits déjeuners mensuels de l'entrepreneur solidaire, son bulletin trimestriel (« Economie solidaire en Nord – Pas-de-Calais » - 14 numéros parus – 4 pages), son site web et son agenda régional de l'économie solidaire, sans oublier la maison de l'économie solidaire ouverte en novembre 2006 et qui héberge plusieurs structures, constituent autant d'outils précieux et irremplaçables pour qui veut se tenir au courant des nombreuses initiatives régionales qui relèvent de l'économie solidaire.

Si la CRES est une fédération de réseaux, l'APES, elle, est un mouvement d'acteurs qui agit dans de nombreux domaines (actions de formation, parcours de sensibilisation, accompagnement de projets, aide au développement rural durable, soutien au commerce équitable… et qui essaime « dans les territoires » avec la complicité des acteurs de terrain (Béthune-Bruay, Cambrésis , pays des 7 Vallées , Sambre-Avesnois, Pays du Ternois, Cœur de Flandres , Métropole lilloise) car l'APES met tout particulièrement l'accent sur « le développement local » au travers de chantiers thématiques et territoriaux et sur « le développement culturel en lien avec l'éducation populaire ».

Un mouvement d'acteurs d'autant plus utile à une période où les structures de l'économie solidaire (associatives notamment) sont fragilisées par toute une série de facteurs, notamment la fin des emplois jeunes, la diminution des financements d'Etat et plus globalement un véritable désengagement de l'Etat vis-à-vis de ce secteur qui ne fait plus partie de ses priorités politiques.

APES – Assemblée permanente de l'Economie solidaire Nord – Pas-de-Calais 81 bis, rue Gantois – 59000 Lille Tél. : 03 20 30 98 25 – Fax : 03 20 54 68 42 Site web : www.apes-npdc.org – courriel : contact@apes-npdc.org

L'APES est une association loi 1901 qui emploie cinq personnes. Dirigée par un collectif de 23 membres, elle dispose de deux porte-parole (Caroline Senez et Christophe Simone) et d'un secrétaire général (Gérard Dechy qui succède à Bernard Fautrez) qui représente juridiquement l'association.

Il y a deux types d'adhérents à l'APES, d'une part les adhérents (personnes physiques ou morales) qui souscrivent à l'appel pour le développement de l'économie solidaire, d'autre part les adhérents (personnes morales uniquement) qui souscrivent également à cet appel et qui signent la charte d'engagement de l'APES.

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