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Un outil transversal de promotion de l'économie sociale
La Chambre régionale de l'économie sociale et solidaire (le deuxième "S" a été rajouté au printemps 2008) n'existe que depuis une trentaine d'années. Avant sa création, l'économie sociale ne disposait d'aucune structure transversale, commune à toutes ses composantes.
« Pendant 70 ans, les structures de l'ES ont été rattachées verticalement aux ministères de tutelle… alors qu'elles étaient ensemble à l'exposition universelle de 1900 ». explique Jean Quémeré, délégué général de la CRES du Nord – Pas-de-Calais. Puis dans les années 70, sous l'impulsion de Jacques Delors et Michel Rocard, les familles de l'économie sociale ont commencé à se parler, d'abord au niveau national puis au niveau régional. Une charte de l'économie sociale a même été adoptée en 1980. Ce processus a d'abord concerné le monde de la coopération. Des groupements régionaux de la coopération (GRC) sont apparus dans la foulée du groupement national de la coopération. Le groupement des mutuelles s'est rapproché du groupement des coopératives (GRCM) et, dans la région, Henri Le Marois et Pierre de Saintignon y ont ajouté le "A" de associations. « Avec la création du GRCMA en 1989, on avait rétabli la transversalité » commente Jean Quéméré. Puis les GRCMA sont devenus des CRES (chambres régionales de l'économie sociale), sans transformation juridique (le premier en Poitou-Charentes, patrie des mutuelles ). « Pour promouvoir l'économie sociale, il était nécessaire que l'on soit organisé de manière transversale et par seulement par branche comme c'était le cas jusqu'à présent » explique Dominique Crepel, président de la CRES. L'idée est d'affirmer clairement le fait que l'économie sociale a un rôle majeur à jouer dans le développement économique et de montrer que l'on peut « entreprendre autrement » dans un autre but que la recherche du profit et de l'enrichissement personnel, dans le cadre de projets qui visent à servir les hommes et satisfaire leurs besoins. « La mission des CRES, précise encore Dominique Crepel, c'est de témoigner du fait que l'on peut vivre l'économie autrement et donc d'avoir un effet positif sur toute cette partie de l'économie qui n'est pas mondialisée. Il est important que les pouvoirs publics reconnaissent qu'il y a une réalité de l'économie sur laquelle ils ne peuvent pas passer lorsqu'ils prennent des mesures d'accompagnement de l'économie. Ils doivent savoir que ce secteur de l'économie sociale existe et qu'ils peuvent éventuellement compter sur ce secteur pour asseoir leurs politiques publiques. C'est d'autant plus important que le monde associatif est souvent l'un des acteurs sur lequel on compte pour les mettre en œuvre sur le terrain ». A l'instar des chambres des métiers, d'agriculture ou de commerce et d'industrie dans leur champ de compétences, les CRES représentent l'économie sociale vis-à-vis des pouvoirs publics préfectoraux et régionaux. « Elles mettent en œuvre, explique Jean Quéméré, des plans régionaux d'animation. Ce ne sont pas des plans de développement économique mais un moyen d'installer aussi de la transversalité dans l'économie sociale à l'échelle des territoires ». Mais la CRES n'est pas pour autant un organisme consulaire. « Certes ce statut nous donnerait des moyens, reconnaît Dominique Crepel, mais il serait sans doute un peu figé par rapport à un des principes de l'économie sociale qui est celui de la libre adhésion. On n'est pas libre d'adhérer ou non à une chambre de commerce. Et si l'association doit être enregistrée en préfecture, elle n'est pas obligée d'être membre d'une fédération. Mais il est important qu'il y ait un organisme reconnu qui soit au moins à égalité avec les organismes consulaires quand on parle d'économie sociale. Nous avons des valeurs communes, il est important que nous puissions les afficher et les affirmer ». Et cet organisme rassemble l'ensemble des acteurs de l'économie sociale et solidaire et qui puisse bénéficier d'une vision transversale des dossiers puisqu'il réunit des représentants des banques coopératives, des mutuelles d'assurance, des mutuelles de santé, des associations et des coopératives. On y retrouve la plupart des fédérations ou des réseaux qui se réclament de l'économie sociale et solidaire à l'exception notable de la coopération agricole. Ainsi les acteurs de l'insertion ont-ils rejoint la CRES, alors qu'ils ne faisaient pas partie du GRCMA. La CRES ne fédère pas de manière directe les structures de base, coopératives, associations ou mutuelles. Elle rassemble des réseaux mais les missions qu'elle remplit en leur nom, le sont en respectant le principe de subsidiarité, car elle n'a pas vocation à se substituer aux fédérations adhérentes dans leur rôle de soutien aux structures locales. Cependant dans le Nord – Pas-de-Calais, il existe une autre tête de réseau, l'APES, assemblée permanente de l'économie soolidaire qui a fait le choix de ne pas adhérer à la CRES, de rester en dehors et de mettre en avant le concept d'économie solidaire. Pour Dominique Crepel, « il n'y a pas pour autant de double représentation, car l'APES est plus un mouvement qui fait du travail de terrain. Même si, de temps en temps, nos rapports peuvent être parfois concurrentiels, nous entretenons avec l'APES, des rapports plus que cordiaux et lorsque nous sommes ensemble, nous faisons l'effort de parler d'économie sociale et solidaire. Mais il est clair que si nos valeurs sont communes, nos sensibilités sont différentes, une différence que l'on peut parfois retrouver sur le champ politique ». CRES Nord - Pas-de-Calais
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