Insolent avec les puissants, doux avec les faibles : dans Paris Match, cette semaine, PPDA apparaît tel quon ne la jamais vu
Qui a dit mégalo ?
Vous avez ri grâce à Alain Genestar en parangon du journalisme résistant après sa démission forcée de Paris-Match, en 2006, suite à la publication en une du magazine d'une photo de Cécilia Sarkozy en compagnie de Richard Attias ? Vous vous bidonnerez en lisant l'interview de PPDA sortie cette semaine dans le même Paris Match.
Photographié en loup solitaire (mais serein) sur la dune du Pilat, vêtu de la chemise blanche immaculée de l'innocent, le journaliste fraîchement viré du 20 heures se confie à Irène Frain. Il lui révèle - mais sans citer de noms quand même, il ne faut pas trop en demander - qu'il sait qui sont les «
quatre personnes » qui ont «
ourdi » son départ - qui, si on comprend bien, est donc le fruit d'un complot.
Et pourquoi ce complot ? Mais parce que PPDA dérange, évidemment. «
Déjà au lycée, explique-t-il, ma manière d'être m'a joué des tours. Les profs se disaient dérangés par une certaine lueur au fond de mon regard. Ils me reprochaient mon insolence ». Insolent, PPDA ? C'est une qualité qu'on ne lui connaissait pas. Mais quand on voit que Laurence Ferrari est considérée comme une journaliste «
impertinente », on se dit : pourquoi pas ?
«
Je n'ai jamais eu l'échine souple, poursuit Poivre.
Ni avec les profs, ni avec mes hiérarchies successives, ni avec les hommes politiques ». Qu'on se le dise : PPDA n'est pas un de ces présentateurs qui font le dos rond devant les hommes de pouvoir.
On a d'ailleurs pu le constater dernièrement, avec cette incroyable charge contre Nicolas Sarkozy : «
On m'a, paraît-il, reproché d'avoir dit un jour au Président de la République, lors d'un sommet, qu'il avait l'air d'un petit garçon tout excité. Dans ma bouche, c'est un compliment. J'aime bien les petits garçons, les hommes qui n'oublient pas qu'ils sont des petits garçons».
Un journaliste courageux victime de la mise au pas des médias
Mais Poivre d'Arvor n'en démord pas : «
le public sait que je suis capable de parler de ce qui me plaît, en faisant fi de la ligne politique au pouvoir ». Un exemple ? En fouillant dans ses souvenirs, le présentateur finit par en trouver un : «
Comme lorsque j'ai parlé du Tibet, en dépit de tous les contrats que la France signe avec la Chine. Souvenez-vous : il y a deux ans, j'étais déjà à Lhassa en compagnie de Robert Ménard et je filmais des opposants au régime chinois… » Ça c'est du courage ! Il n'y en a pas beaucoup qui auraient osé expliquer en prime-time que la Chine est méchante avec les Tibétains.
Ce nouveau rôle de journaliste qui refuse de plier, envers et contre tous, PPDA l'adore et le prend très à cœur. Du coup, il le décline sur tous les thèmes, quitte à frôler le ridicule : « i[[Mon] insolence m'échappe complètement. C'est sans doute une façon inconsciente de signifier aux autres que je suis différent. Je n'apprécie que les très petites compagnies]i » -comme par exemple le festival de Cannes, où il se rend chaque année. Ou encore : «
Comme les animaux que j'aime : les jaguars, les léopards, les albatros, je n'aime pas être rattrapé par les lassos de toutes sortes, les conventions, les obligations… » Il n'y a pas que de l'insolence, dans cet homme-là : il y a aussi du Delon.
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