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Dans son discours de Toulon, Nicolas Sarkozy avait averti que la crise financière aurait des conséquences sur l'économie française. Ses conseillers Claude Guéant et Henri Guaino vont plus loin et jouent les Cassandre. Comme s'il fallait faire comprendre au Français qu'ils devaient s'attendre au pire.
« Le pire n'est pas assuré mais le pire est possible ! » Pour son grand retour médiatique, Henri Guaino n'y est pas allé de main morte ! Invité sur France 2 le 29 septembre au matin, le conseiller spécial du président de la République a continué une étrange campagne médiatique lancée la veille sur France Inter par Claude Guéant. L'objectif : prêcher le pire sur la crise économique pour que les Français s'y attendent.
Guéant : on n'a rien vu venir !
Invité de Dimanche Soir Politique (France Inter-i Télé-Le Monde), le secrétaire général de l'Elysée a porté le premier coup au moral des Français le 28 septembre au soir : « Nicolas Sarkozy n'est pas un devin : il n'avait pas prévu les conséquences de cette crise, pas plus que les économistes », a expliqué Claude Guéant avant de comparer de façon un peu cavalière le paquet fiscal (le fameux volet Tépa) de l'été 2007… au plan Paulson de sauvetage de l'économie américaine ! « Nicolas Sarkozy a eu un an d'avance », affirme-t-il avant d'avoir insisté lourdement sur le fait qu'il n'avait rien vu venir !
Contrairement à Christine Lagarde et Eric Woerth évitant tout mot plus haut que l'autre, Guéant se lâche en soulignant que la loi de finance a été conçue pour intégrer un plus grand déficit.
Guaino : « nous sommes en quasi récession »
Mais, les plus belles envolées sont à mettre au compte d'Henri Guaino, invité des Quatre vérités lundi 29 au matin. « Est-ce que le plan américain réussira à juguler la crise ou pas ? S'interrogeait la « plume » de Sarkozy. Personne n'en sait rien : tout ça est très grave ! » Etonnante appréciation de la part de l'inspirateur du discours de Toulon, exercice visant aussi et surtout à rassurer les Français dans la crainte de la crise.
Durant la semaine qui avait précédé l'intervention présidentielle, l'Elysée résonnait surtout de la plus grande prudence : il ne fallait en aucun cas donner de signe qui puisse influencer les marchés. Le Président s'étant exprimé, la consigne semble s'être totalement inversée, à croire même qu'Henri Guaino avait pour mission de troubler les esprits quand il a déclaré en direct que la France était en « quasi récession ».
Le vrai «discours de vérité» : celui des conseillers
Coïncidence gênante, le marché a suivi de prêt les prophéties d'Henri Guaino : dans la journée du 25 septembre, les banques françaises ont subit un violent choc de défiance suite à l'opération de sauvetage par le Bénélux de Fortis. A 16 heures, Natixis accusait une baisse de 21,96%, le Crédit Agricole dévissait de 9,55% mais surtout Dexia reculait de 26,55%, le site du Figaro faisant même état d'une rumeur de recapitalisation.
La réunion des responsables des principales banques françaises à l'Elysée mardi matin passe dès lors pour une simplle formalité dans le tableau catastrophiste peint par les deux Cassandre du Palais. Le «discours de vérité» n'est pas celui du Président mais bien celui de ses conseillers. Le locataire de l'Elysée se rendant sans doute compte que sa politique ne donne pas les résultats escomptés, ses deux fidèles collaborateurs sont chargés de la lourde tâche d'expliquer ces défaillances par la bourrasque économique internationale.
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