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Dexia, très chère banque pour la France

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L'Etat français s'est porté au secours de Dexia, la banque franco-belgo-luxembourgeoise. Et pas pour un petit montant: un milliard d'euros ! Or, fort curieusement, Paris a payé la même somme que Bruxelles alors que la France est très minoritaire dans le capital de cette banque.

Dexia, très chère banque pour la France
Pour la première fois depuis la déconfiture du Crédit lyonnais, l'Etat renfloue une banque. Un milliard d'euros doivent être versés dans les quinze jours à la banque franco-belgo-luxembourgeoise Dexia. Les finances publiques pourraient bien, dans cette affaire, assurer les fin de mois de la Belgique. Car Paris met la même somme que Bruxelles, alors qu'au capital de Dexia, les intérêts français, représentés par la Caisse des dépôts et consignation, étaient très minoritaires, environ 11,5%. En injectant 3 milliards (2 milliards pour la CDC et 1 milliard pour l'Etat), la partie française fait beaucoup plus que « son devoir d'actionnaire », comme on dit dans la profession. D'ailleurs, les Français sont désormais à 28% du capital, soit une minorité de blocage, selon le droit belge.

Du côté de la CDC on explique, un peu gêné, que la parité des niveaux de participation (1) est le fruit d'une « négociation d'Etat à Etat », en clair de Nicolas Sarkozy avec Yves Leterme, le Premier ministre blege. A Bercy, on reconnaît que « les Belges sont de rudes négociateurs ». En fait, les Français ont eu la trouille : Dexia fournit des prêts à la moitié des collectivités locales et des hôpitaux français (héritage de l'ex-Crédit local de France). Le geste français arrange bien l'Etat belge encore plus impécunieux que la France avec une dette publique proche des 100% du PIB, lui qui, le week-end précédent, venait de faire un chèque de 4,5 milliards d'euros. Pour renflouer Fortis, la grande banque belgo-néerlandaise. Là aussi à parité avec les Pays-Bas, bien plus riches. Décidément, les Belges sont divisés, mais pas manchots.

Mais où diable le ministère des finances va-t-il trouver 1 milliard d'euros ? Normalement la somme devrait être puisée dans le compte d'affectation spécial, qui recueille le produit des privatisations. Pas de chance, comme les marchés boursiers sont au plus bas, l'Etat n'a pas pu vendre cette année les 5 milliards d'actifs publics prévus. Du coup, il faudra certainement emprunter. Et il faut le culot d'enfer d'Eric Woerth, ministre des comptes publics totalement dépassé, pour prétendre qu'« emprunter sur les marchés à long terme un milliard d'euros, ça ne joue pas dans les déficits publics », alors que la dette publique sera l'an prochain d'au moins 66% du PIB, un record inégalé !

(1) sur les 6,5 milliards d'augmentation de capital, 3 sont à la Charge des Belges, 3 des Français et 0,5 du Luxembourg

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