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Duhamel soutient Bayrou... comme la corde le pendu!

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Pour Alain Duhamel, de toute façon, Bayrou ou pas, la politique doit rester l'univers exclusif des partis sérieux qui peuvent gouverner. Donc Bayrou est à la mode. Mais ça ne durera pas. Explication

Duhamel soutient Bayrou... comme la corde le pendu!

Tout le monde l'a sans doute oublié, mais François Bayrou a coûté cher à ALain Duhamel durant la campagne présidentiuelle de 2007 : une confidence trop lâchée dans un amphi sur son intention de voter Bayrou avait conduit France 2 à suspendre - un peu stupidement d'ailleurs - le journaliste. Deux ans plus tard, il revient sur le cas Bayrou... d'une autre façon.
 Sacré Alain Duhamel. S’il n’existait pas, Nicolas Sarkozy devrait l’inventer. Il y a dans sa chronique matinale — parfaitement indépendante, ce n’est pas la question — une implacable logique, quelque soit le sujet : en politique, pour Alain Duhamel, il y a « les gens sérieux » et les autres, les rigolos, ceux qui n’hésitent pas à recourir à la rhétorique populiste pour faire des voix. L’horizon indépassable de la société politique rêvée par Duhamel consiste à préserver à toute force une représentation simplifiée de la politique: en gros, les gens doivent choisir entre la droite et la gauche de gouvernement. Tout le reste, de Le Pen à Besancenot en passant par Dupont Aignan (je ne me rappelle pas qu’il lui ait consacré une seule chronique), Villepin, Mélenchon, Bayrou, bien sûr, et même Ségolène Royal (1), tous les autres relèvent de la même rhétorique populiste ou passéiste.

Démonstration avec la chronique matinale de ce jour :
« Je crois que François Bayrou est, jusqu'à présent en tout cas, le principal bénéficiaire de la campagne européenne.»
Ah bon ? Tout le monde croyait que l'UMP caracolait en tête et que c'était la seule nouvelle de la campagne...

Le handicap de Sarkozy ? Sa Cour bien sûr :

« Du côté de l'UMP, on sait très bien que l'inspirateur de la campagne, c'est Nicolas Sarkozy. On voit bien que les messagers de la campagne, que les ambassadeurs de la campagne, sont théoriquement Michel Barnier et Rachida Dati. »

Tandis que Bayrou lui, est libre ...

«Du côté du MoDem, il y a François Bayrou, point final.»

Et puis, il est filou le Bayrou
:
« ...comme il n'avait plus de lieutenant, il fallait bien qu'il improvise, mais il a habillé élégamment sa pauvreté.  Et puis il a eu l'astuce de publier un livre terrible, un livre à charge, un pamphlet contre Nicolas Sarkozy, pile au bon moment pour être invité partout. »

Et en plus, c'est un tricheur :

« Il mène une campagne présidentielle. D'ailleurs tout le monde l'a très bien compris. La seule chose qui l'intéresse, c'est l'élection présidentielle. Pour lui, la campagne européenne, ça n'est qu'un moyen. »

Mais il ne l'emportera pas au paradis :

« Pour le reste, il faut dire qu'il n'a pas le choix, parce qu'en dehors de l'élection présidentielle, il n'a aucun moyen de progresser. Il n'a pas de parti, il n'a pas d'élus, il n'a pas de groupe à l'Assemblée, il n'a qu'un demi-groupe au Sénat, il n'a plus de lieutenant. »

D'ailleurs
,  « il est en train de manger son pain blanc, et disons qu'il le dévore à belles dents. »

CQFD. Croyez-en l'expérience d'un vieux briscard de la vie politique, un centriste, qu'il s'appelle Bayrou, Lecanuet ou ... Duhamel (pas Alain, l'autre, le chef du centre qui a succédé à Lecanuet), ils finissent toujours par manger dans la gamelle de la droite ou de la gauche...

En chroniqueur consciencieux, Duhamel évoque Mélenchon, ignoré par les médias mais pas par les sondages :

En dehors de François Bayrou, qui profite cette campagne ?

« Pour avoir gagné en notoriété et en influence, je crois que c'est Jean-Luc Melenchon qui était socialiste, qui a été un bon ministre social-démocrate de Lionel Jospin, qui maintenant est le compagnon de route du Parti communiste. Disons que c'est un tribun à l'ancienne, sentimental, éloquent, il aurait réussi admirablement au début de la 3ème République, c'est une sorte de Gambetta de l'Essonne.»

Un « Gambetta de l'Essonne ».... Il sera content l'impétrant, il n'aura pas froid cet hiver. Au fait, Duhamel il est quoi lui, un Albert Londres du jardin du Luxembourg ?


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