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Lait : «Leclerc ? Il se fout de notre gueule!»

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Des magasins fermés d'office s'ils ne retirent pas de leurs rayons les produits laitiers des grandes marques. Des industriels qui font de plus en plus de marge et 12% d'augmentation du prix de vente aux consommateurs. La crise du lait incarne bien les profits de quelques uns aux dépens de tous les autres.

Lait : «Leclerc ? Il se fout de notre gueule!»

« On répond par là où on nous attaque ! On nous attaque sur le portefeuille. On leur répond sur le portefeuille ! ». La logique est claire : puisqu’on les oblige à vendre leur lait à perte, les producteurs de lait de la Manche ont décidé de faire retirer les produits laitiers des grandes marques. Des industriels accusés de faire grossir leurs marges aux dépends des producteurs et des consommateurs.


Un ultimatum ou la fermeture des magasins
« La grande distribution se gave sur les marges, ils mettent la pression pour faire baisser nos prix ! ». Pascal Ferey, Vice-Président de la FNSEA, ne mâche pas ses mots. Leclerc est particulièrement en ligne de mire, ses méthodes agacent, son patron parle trop et n’agit pas assez. « Il se fout de notre gueule ! » Dont acte… Les producteurs de lait du département de la Manche ont décidé d’adresser un ultimatum à la grande distribution : retirer de la vente les produits laitiers des industriels ou ils fermeront les magasins réfractaires. Un ultimatum certes, mais pas de violence, Pascal Ferey en fait un point d’honneur. L’objectif est d’établir un partenariat juste – le prix du litre de lait à 31 centimes d’euro – pas de détruire ou de saccager. 

  

Et ça marche ! « Ce matin, 94 enseignes sur 120 avaient accédé à nos demandes… Il n’y a plus de produits Bongrain dans les rayons. Demain, ils doivent retirer tous les produits Danone, et après-demain, tous les produits Lactalis… (...) Ils préfèrent perdre leurs produits que de nous avoir sur le dos. ». Et pourquoi Bongrain comme première cible ? La réponse fuse : « ils ont décidé de faire le choix de leurs actionnaires (…). »


Et les prix qui montent en flèche pour les consommateurs
Lait : «Leclerc ? Il se fout de notre gueule!»
Du côté de chez Bongrain, on comprend la colère des producteurs mais on se défend à demi-mot de ces accusations : « c’est vrai qu’on est parmi ceux qui ont baissé le plus le prix du lait au mois d’avril, mais ça ne veut pas dire que ce sera le cas en mai et juin. D’ailleurs, on a même pas versé de dividendes à nos actionnaires cette année et le résultat net a baissé de 75%. ». Certes, c'est précisément cette raison qui pousse l'industriel à tirer à la baisse les prix du lait, une solution qui lui permet virtuellement de maintenir ses marges... 

À regarder de plus près les courbes du prix du lait et des prix de vente aux consommateurs entre 1998 et 2007, le constat est sans appel. Après avoir fluctué entre 1998 et 2007, le prix du lait est revenu à son niveau d'origine. Il est passé d'un peu plus de 29 centimes le litre en 1998 à un peu moins de 29 centimes en 2007. Sur la même période, le prix de vente aux consommateurs a augmenté de 12% environs. Par conséquent, même si les consommateurs paient toujours plus chers leurs produits laitiers, le pouvoir d'achat des producteurs de lait s'est quand même amenuisé... Et les industriels et autres distributeurs de se partager le gâteau. 
Et dire que le prix du lait annoncé au mois d'avril est de 21 centimes...



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