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Le Code du travail est-il l'ennemi de la liberté ?

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L'énigmatique X, Mariannaute de son état, pose la question : qu'est-ce qu'une société où l'on ne peut-on pas choisir librement ses conditions de travail ? Un réflexion philosophique sur les postulats fondamentaux de François Fillon et Laurence Parisot.

En théorie, il y a la liberté qui n'a de bornes que celles d'autrui. Un individu devrait pouvoir travailler 80 heures par semaine si ça lui chante. En théorie, il ne devrait y avoir aucune loi là-dessus empêchant l'exercice de la liberté individuelle.

Pourquoi y a-t-il des lois, cependant ?
L'objet de la loi est celui-ci : empêcher ce qui est nuisible à la société, c'est-à-dire non pas à une masse, un peuple au sens de population, mais à la nature-même de cette société et qui doit demeurer inviolé : le Peuple, avec majuscule, au sens d'entité. C'est la garantie des droits de l'homme et du citoyen.

Il a donc fallu réglementer le travail parce que la liberté en ce domaine entraînait la non garantie des droits de l'homme et du citoyen [accessoirement la négation de l'Etat, lequel n'existe pas au-dessus ou contre = dictature, mais qui n'existe que par et pour le Peuple].
Cause de cette nécessité: il y a chez l'individu une propension à exercer la domination chez l'autre individu plus faible [que cette faiblesse soit naturelle, ou due aux circonstances]. Un instinct naturel qui s'exprime à travers la menace, l'intimidation, le lien de dépendance de l'un à l'autre quant à la survie, etc. C'est ce qui caractérisait le rapport ouvrier/patron au XIXe siècle, par exemple. Les lois n'ont rien de positif, elles ne peuvent que défendre et c'est bien dans la droite ligne du XIXe siècle que toutes les lois sur le travail, dites sociales sont nées. Après expérience, et non de façon idéologique.

Que peut-on déduire de ce petit rappel historique?
Qu'entraînera, en effet, le démantèlement du code du travail sinon le retour à la situation qui prédominait auparavant ? En effet, puisque la loi n'empêche plus, la nature va s'exprimer. C'est à dire : une violence exercée par les uns contre les autres, un affaiblissement de l'Etat, la tyrannie d'une fraction sur une majorité, jusqu'au non-respect des droits de l'homme.

Ce faisant, on assistera au dévoiement du sens de la loi et au bafouement, par l'Etat, du sens du contrat social : la loi sera fontion d'un souci de prospérité économique et non de garantie des principes fondamentaux. Et les politiques se permettent même le luxe de dire que le modèle social français, garantie du contrat social, est obsolète ou mauvais, tout en citant Jaurès !

Il serait temps que les certains décillent et que la population fasse taire un instant sa rapacité naturelle, quitte à mettre de côté la promesse jamais réalisée du "tu vas t'enrichir". Car textuellement, débarrassé de tous les oripeaux sémantiques démagogiques, ce credo signifie : les droits de l'homme c'est fini, maintenant c'est la liberté du marché qui est origine et but; le contrat social n'a plus la même nature, égalité, liberté à la poubelle, vive la concurrence libre et non faussée et chacun pour soi ! Adieu Etat-providence, dénomination méprisante signifiant pourtant que l'Etat garantit quelques droits, bonjour Etat-police dont la fonction réelle devient protéger l'emprise des uns sur la plupart.

Pour conclure, voici des propos tenus par Jean Jaurès, lequel, je n'en doute pas une seconde aurait approuvé les actions des Sarkozy-fillon-Parisot :

"[...] mais au moment même où le salarié est souverain dans l'ordre politique il est dans l'ordre économique, réduit à une sorte de servage. Oui ! Au moment où il peut chasser les ministres du pouvoir, il est, lui, sans garantie aucune et sans lendemain, chassé de l'atelier. Son travail n'est plus qu'une marchandise que les détenteurs du capital acceptent ou refusent à leur gré… Il est la proie de tous les hasards de toutes les servitudes et, à tout moment ce roi de l'ordre politique peut être jeté dans la rue."

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