Plus de la moitié des Français sont connectés à Internet. Mais ce chiffre stagne. Autrement dit, l'autre moitié refuse obstinément de se convertir. Pourquoi ?
On pensait qu'Internet c'était la bulle d'argent, l'hystérie, les taux de croissance à trois chiffres... Et bien pas tant que ça, si l'on en croit
le Journal du Net ses chiffres publiés en début d'année. L'accès au Web haut débit depuis le domicile est en progression de 16 % par rapport à novembre 2006, selon Médiamétrie, soit 16% en deux ans. Pépère non comme croissance ? Internet nous avait habitué à tellement mieux...
Quant au nombre d'internautes en France, il progresse pour sa part de 5 %, oui seulement 5% sur un an : en novembre dernier 30 millions de français âgés de 11 ans et plus, soit 57 % de la population ont déclaré s'être connectés à Internet au cours du dernier mois. Ca plafonne. Pendant ce temps, les gros sites annoncent des croissance mensuelle à deux chiffres. Conclusion, alors que le nombre d'internautes n'augmente plus beaucoup, ceux-ci consomment de plus en plus les mêmes sites, à savoir les gros sites qui concentrent 90% du marché publicitaire. Marrant, le web ressemble de plus en plus à la télé : une poignée de sites concentre la quasi totalité de l'audience et des revenus publicitaires. Bref, le bon vieux mass-media habituel, alors qu'on nous avait promis une ère de diversité et de consommation hyper-personnalisée de contenus super originaux.
Une chose est sûre, si ces 57% de Français consomment de plus en plus de Facebook ou de Myspace, ils consomment donc de moins en moins de télé et font baisser le chiffre moyen de consommation quotidienne (en baisse pour la première fois cet été).
Et pendant ce temps, que fait donc l'autre (petite) moitié de la France ? Ils sont atteints par la morosité sarkozienne ? Ils n'ont pas assez de pouvoir d'achat pour être numérique ? Ces grincheux n'ont-ils pas encore compris l'intérêt du web 2.0 ? Ou alors c'est peut être eux qui continuent à regarder les bêtises à la télé, d'autant qu'avec les nouvelles chaînes de la TNT, il y a quatre fois plus de programmes consternants qu'avant.
En tout cas, si vous aviez un doute sur la fracture numérique, elle est bien là : 43% des Français aujourd'hui ne veulent pas ou ne peuvent pas se connecter à Internet. Et si ces malheureux ne pianotent pas, ce sont donc forcément eux qui regardent la TNT et les grandes chaînes la bouche entrouverte au moins trois heures et demi par jour. En moyenne.
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