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Les dessous policiers du cas Coupat

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Julien Coupat a mis les rieurs de son côté dans son interview au Monde. Manifestement, un excès de zèle et/ou de précipitation n'a pas permis de démontrer la culpabilité de la bande des «jardiniers» de Tarnac. En gardant Julien Coupat

Les dessous policiers du cas Coupat

Que l’on partage ou non les idéaux révolutionnaire du jeune et brillant Julien Coupat, présumé cerveau de la bande des anars de Tarnac (Corrèze), on est en droit de s’interroger sur les raisons d’une incarcération préventive qui dure maintenant depuis près de sept mois. Dans un long entretien publié par le Monde, celui que la justice soupçonne d’avoir orchestré le sabotage des lignes de la SNCF évoque une « petite vengeance ». Revenons quelques mois en arrière…

Les RG enquêtaient depuis des semaines sur la mouvance anarcho-autonome. Lors de l’absorption de ce service par la nouvelle Direction centrale du renseignement intérieur, les surveillances se sont poursuivies. Alors que se multiplient, à l’automne 2008, les sabotages de TGV, le patron de la SNCF est hors de lui. Il pèse de tout son poids pour que l’on arrête un coupable. La ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, dont la cote faiblit aux yeux de l’Elysée, décide de sauter sur l’occasion. Faute originelle qui entache depuis le premier jour ce dossier, elle presse ses services de fournir au plus vite la manière qu’ils détiennent et annonce devant les caméras l’arrestation des « terroristes ». La justice embraye tant bien que mal pour que personne ne soit désavoué et annonce pour bientôt de nouvelles révélations…
Problème : ces révélations tardent à venir. Et le dossier de l’accusation, pour ce que les avocats en connaissent, reste désespérément vide.

Coffrés trop tôt
Les spécialistes du renseignement commencent à le dire à demi-mots : ils n’étaient pas prêts. Si on leur avait laissé le temps d’investiguer correctement, ils auraient fourni les pièces manquantes. N’est-il pas temps de reconnaître qu’il est trop tard ? Qu’ils ne prouveront jamais que le petit groupe fondé autour de Julien Coupat devait passer à l’acte (terroriste), puisqu’ils ont coffré tout le monde avant ?
En matière de droit commun, lorsqu’on décide d’interpeller une bande de malfrats avant qu’ils n’attaquent un fourgon blindé, on court le risque de ne jamais pouvoir démontrer qu’ils allaient l’attaquer. En matière de terrorisme, c’est la même chose. Sauf à démontrer rapidement le contraire, policiers, magistrats et ministre devraient l’admettre : ils ont joué et ils ont perdu. À trop s’obstiner, ils parachèveront le martyr Coupat, forcément coupable. Et donneront du crédit à ceux qui font leur miel de la dénonciation de l’Etat policier.


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